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Are you kidding me ?! | Ryanair

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Laura Benett

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Mer 7 Fév - 17:33


Back in town
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Ryanair & Lau'
Un mois déjà. C'était censé ne pas être grand chose. Et pourtant, ça me semblait tellement long jusqu'ici. J'aurais aimé y être, déjà. Maudits six mois ! Certes, ma vie à Toronto était géniale, et je n'avais aucune envie de la quitter. Partir une seconde fois vers l'inconnu, laisser derrière moi les bons souvenirs, mon travail, ainsi que mes amis et le parfum des rues. Certains auraient sans doute dit que j'étais stupide, que j'avais encore cinq mois merveilleux à passer là-bas, qu'il fallait justement que j'en profite. Et oui, ils n'avaient sans doute pas tort ! Seulement sans Ryan, ce n'était pas aussi drôle. Et rentrer tous les soirs dans ce "chez moi" qui au par avant avait été notre "chez nous" me rappelait à quel point il me manquait. Bien sûr, il était chiant, parfois immature comme pas deux, et lorsqu'on ne le connaissait pas, si on s'en tenait à ce que la presse disait de lui, on aurait pu rapidement se persuader qu'il n'était rien d'autre qu'un petit con. Mais ça ne changeait rien. Parce qu'on avait fait un bout de route ensemble, et que j'avais envie de la continuer avec lui encore longtemps. Qu'elle nous emmène aussi loin que possible !

C'est la semaine dernière, déjà, que j'ai commencé à sentir que je faiblissais légèrement. Non, je ne tombais pas malade ! mais l'idée de lui faire la surprise de mon arrivée me taraudait chaque jour un peu plus... jusqu'à ce que je finisse par acheter un billet d'avion, faire ma valise. Ce qui était fait. A peine avais-je foulé d'un pas le sol poussiéreux de cette ville qui deviendrait sans doute pour moi un fantastique terrain de jeu avec le temps, j'ai appelé un taxi, et j'ai filé, direction ce nouveau chez nous dont j'avais hâte de découvrir chaque recoin...

Une fois arrivée à destination, mon coeur s'est serré. J'étais tellement heureuse d'être là de me dire que derrière cette porte, il y aurait Ryan et que je pourrais lui sauter dans les bras sans qu'il ne comprenne ce qui se passerait... que je n'ai même pas réalisé que je n'avais pas les clés: compliqué, donc, en théorie, de rentrer. Une chance pour moi qu'il aie oublié de fermer. Laissant mes valises sur le palier, je suis entrée, émerveillée par tout ce que je voyais. Mais j'ai vite déchanté lorsque j'ai trouvé un soutien-gorge rose, trainant dans les escaliers. Curieusement, j'étais persuadée que ce n'était pas à lui. Et sans doute pas à sa grand mère non plus ! J'aurais pu tomber raide, en voyant ça. Je crois que c'est la peur, qui m'a tenue éveillée, je n'en croyais pas mes yeux, lesquels essayaient tant bien que mal de retenir leurs larmes. Après tout, il devait sans doute y avoir une explica... tion ? peut être pas. A l'étage, la voix de Ryan, ponctuée de temps à autres par des rires qui n'étaient pas les siens, bien trop féminins pour que je puisse y croire une seule seconde. Folle de colère, j'ai agrippé ce foutu soutien-gorge, et suis montée, histoire de voir ce qu'il se passait. Et n'écoutant que ma colère, ce que je n'aurais probablement pas du faire, j'ai fait irruption dans la pièce:

- Pour une surprise, c'est une surprise, hm ? je comprends mieux, pourquoi tu détestais le froid. Les filles sont tellement plus chaleureuses ici !

Je luttais. Je luttais réellement pour ne pas éclater en larmes et lui mettre la paire de claques que j'étais convaincue qu'il méritait. Et lançant son dû à sa propriétaire, j'ai tourné les talons, claquant la porte. Je trouverais bien quelque part où dormir, je pourrais me débrouiller, reprendre le contrôle de la situation! j'allais m'en sortir, avec ou sans lui. Même si j'aurais préféré que ce soit avec, bien évidemment... Je regrettais déjà Toronto.Quelle idée stupide, qu'est ce que j'étais venue faire ici ?!

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Ryan Haggerty

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Jeu 8 Fév - 12:29
Are you kidding me ?
Laura & Ryan
Si je dois faire un tableau « POUR/CONTRE » entre vivre à Albuquerque ou Toronto, je dois dire que la colonne « POUR » de Toronto est beaucoup plus fournie que celle d’Albuquerque. Tout y est plus luxuriant, plus grand, plus vivant. Les buildings gigantesques à perte de vue me manquent. Sûrement parce que Toronto me rappelait beaucoup Seattle, rpz. Ici, tout est plus petit, plus jaune, plus… désertique. Mais un seul, un seul mot de la colonne « CONTRE » de Toronto fait pencher la balance du côté de sa rivale. « FROID ». Quand tu regardes le thermomètre à Noël et que tu vois « - 20°C », tu pleures. C’est horrible. J’ai au moins perdu trois orteils, cinq doigts (tous de la même main), deux nez... Okay, ici il fait froid aussi, narmol, on est en hiver. Mais ça descend pas en dessous de zéro quoi. Et ça fait du bien. Et puis je n’ai pas vraiment choisi, j’ai du partir pour des raisons professionnelles, mais j’avoue que ça m’arrange.

Bon, le côté malheureux de cette histoire, c’est que je suis loin de ma Laura. Ah, ma Laura. Avec elle, j’ai trouvé mon pendant féminin. Tout est tellement simple, clair entre nous. Tout coule de source, comme la Cristalline. Tout aussi délurés l’un comme l’autre, on pense très, trop ?, souvent pareil, en même temps. Bien sûr, il nous arrive de nous engueuler, enfin…, nous prendre la tête, mais c’est tellement pour des trucs sans importance qu’on finit toujours par en rigoler, et souvent sous la couette, entre deux oreillers. Genre une fois, on s’est disputé pour savoir qui de nous deux c’était servi de la douche en dernier, parce que la personne en question n’avait pas passé la raclette derrière elle. Bon, bien évidemment, je savais pertinemment que c’était moi, mais elle est tellement belle quand elle s’énerve que je n’ai jamais voulu avouer que j’étais le coupable. Enfin bref, c’est clair qu’elle me manque, mais bon, six mois, ça passe vite non ? Heureusement qu’à Albuquerque, il y a ma sœur avec qui je passe beaucoup de mon temps.

D’ailleurs, on est tous les deux réunis chez moi, autour d’un Irish Coffee. On ne renie pas nos origines nous. En plus, s’il y a bien quelque chose que je sais faire, c’est bien l’Irish Coffee. On discute de choses et d’autres. Papa, maman, Alex, notre demi-bro, nos vies respectives. Je lui parle beaucoup de Laura, qu’elle n’a jamais rencontré. J’essaie de lui montrer à quel point elle me rend heureux, qu’elle me manque. C’est à ce moment que sa tasse lui glisse des mains, renversant du café partout. Chemisier, jean, chaussettes, soutien-gorge, tout est gorgé de café. Ohlala. Viens vite dans la salle de bain, faut t’essuyer et te changer. Et te passer de l’eau froide, ça a du te brûler ! En montant les escaliers, elle enlève son soutif sous son chemisier, qu’elle laisse tomber dans les escaliers. Je lui montre la salle de bain et vais lui chercher une serviette, un gant et une chemise à moi pour qu’elle ait quelque chose à se mettre.

Une fois propre, elle me rejoint dans la chambre, où j’ai lancé une machine, lavage express, qui se trouve dans l’immense dressing. Oui oui, je sais faire une machine. Laura m’a montré. Et j’en suis fier. Pour tuer les 15 minutes du cycle, je sors un album photo car je sais qu’elle adore regarder ces souvenirs immortalisés sur du papier glacé. Il y a des photos dont je ne me rappelais même plus l’existance. On rit, on rit, on rit, et c’est à ce moment que, surpriiiiise, Laura déboule dans la chambre. HEEEEIIIN, LAURA ??? Mais qu'est-ce qu'elle fait ici ? On ne devait se voir que dans cinq mois minimum ! Mon cœur s'emballe de bonheur, mais aussi de peur, car d’après sa phrase acide, je comprends que tout un film vient de se dérouler dans sa tête. Même pas le temps de m’expliquer qu’elle tourne les talons. C’est alors que dans ma tête de psychopathe, un plan se crée. Soeurette, je vais laisser sous-entendre que tu es ma maîtresse, elle va être folle. Laisse moi faire.

Je cours dans les escaliers pour rattraper ma bien-aimée. Je lui prends doucement le bras et la tourne vers moi. En voyant ses yeux embués de larmes, mon cœur se fend. Tout d'un coup, je suis un peu moins fier de mon plan, mais décide quand même de le mettre en action. J'arrêterai si je vois que ça ne fonctionne pas.Lau’ ! Attends ! Je m’ennuyais de toi, alors j’ai invité cette femme. Et même si on pourrait croire qu’on a fait des choses, parce qu’elle est à poil sous ma chemise, on n’a encore rien fait. Promis ! Je sais que ce « pas encore » va la mettre hors d’elle, et j’adore ça. Et je ne lui mens sur rien. C’est vrai que je m’ennuyais d’elle et que j’ai invité ma sœur, c’est vraiment qu’elle est à poil sous la chemise, et c’est vrai qu’on n’a rien fait. Heureusement. Mais comme Laura n’a jamais vu ma sœur, n’ayant pas de photo d’elle adulte, elle ne peut pas savoir qui est cette femme.

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Laura Benett

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Jeu 8 Fév - 17:26


Back in town
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Ryanair & Lau'
Il y avait des jours, comme celui-ci, où l'on aurait bien pu se demander pourquoi on s'était levé. Moi, non seulement de me demander ce qui m'avait pris de quitter mes draps, je pouvais également me demander pourquoi j'étais partie sur un coup de tête. Pourquoi j'avais pris cet avion vers Albuquerque, que la chaleur faisait d'ailleurs ressembler à s'y méprendre à l'enfer.  Bien sûr, tout était relatif. Il ne faisait pas encore si chaud que ça. Mais il me faudrait sans doute encore quelques jours pour me déshabituer du climat gelé de Toronto...

Une fois la porte passée, c'est là, que tout a basculé: les feux de l'amour et autres télé-crochets un peu nunuches que je regardais de temps à autre, emmitouflée dans ma couverture pouvaient bien aller se rhabiller, car, de notre talent inné, Ryan et moi devenions sans le vouloir, par la force des choses, les fantastiques acteurs d'un drame conjugal que visiblement, aucun de nous deux n'avions vu venir... Surtout pas moi !

Tout s'est passé très vite, trop vite. Je n'ai pas eu le temps de réfléchir, que le mal était fait. En une fraction de seconde, je m'étais montrée acerbe, injuste. Je ne l'avais même pas laissé s'expliquer. Comme s'il ne pouvait y avoir qu'une seule vérité: la mienne, convaincue d'être dans le juste. Après tout, ne disait-on pas qu'on ne devait croire que ce que l'on voyait ?  et ce que j'avais sous les yeux n'était clairement pas une vue de l'esprit. Définitivement pas. CQFD.  

Mais alors que je descendais, furieuse, les escaliers quatre à quatre, j'ai senti une main se resserrer autour de mon bras. Je savais que c'était lui. Et d'un mouvement rageur, je me suis libérée de son emprise; je reste aujourd'hui convaincue que si je ne l'avais pas aimé autant, je l'aurais regardé avec mépris, ce dont j'étais pourtant incapable, encore aujourd'hui. Mais blessée par une telle situation, je n'ai pu que lui lancer d'un ton ferme et sans équivoque:

-Ne me touche pas.

Le regard fuyant, j'avais trop de fierté pour que j'accepte qu'il voie ces larmes qui trahissaient la blessure qui venait de s'ouvrir en moi.
Et d'un geste nerveux, j'ai ramené une mèche de mes cheveux derrière mon oreille, comme pour mieux entendre ce qu'il allait bien vouloir me dire; En réalité, je n'avais pas envie de l'entendre, ou plutôt, j'avais peur de ce qu'il allait trouver à dire, des réactions que j'aurais et de ce qui en découlerait. Tout s'embrouillait, et il n'y avait qu'une seule de mes pensées, qui sortait de ce mélange, pèle-mêle de rage, de sensation de trahison, et d'incompréhension:  A quel moment les choses avaient bien pu terminer par tourner à ce point au vinaigre ? La boule au ventre, mon souffle s'est coupé, lorsqu'il a pris la parole. Et s'il n'y avait pas eu ce mur derrière moi, je me serais sans doute laissée tomber dans les escaliers, surprise par ses mots, qui n'étaient pas des excuses, que du contraire.
Mes jambes flageolèrent, ma bouche s'entrebailla, mon regard hagard cherchait par tous les moyens une explication. Et soudain,
presque malgré moi, j'ai éclaté, gesticulant, telle un pantin:

- Et alors quoi ?! tu veux que je te félicite ? que je sois flattée ? que je te dise que "oh, quel dommage, quand même, vous auriez pu m'inviter, on se serait bien amusés, tous les trois !" ?! Toi aussi tu me manquais, c'est pas pour ça que, dans un éclair de génie, j'ai décidé de me taper le premier mec venu !
Pourtant, ce n'étaient pas les occasions qui auraient manqué, ai-je pensé dans un excès de méchanceté intérieure.

Ma mâchoire se crispant, je lui ai tourné le dos, continuant ma route, incapable de prononcer un mot de plus. Je préférais encore foutre le camp que de rester à entendre de telles débilités. Et pourtant, tout un chacun savait que j'aimais en dire, ou en entendre, des stupidités, peut-être même plus que de raison. A condition qu'elles ne soient drôles, ou qu'elles aient un trait d'esprit. Ce qui n'était pas le cas de celles-ci, qui me faisaient bien plus l'impression d'une blague de mauvais goût, que d'une situation possible. Et descendant les dernières marches qui me séparaient du rez-de-chaussée, je repensais déjà nostalgique à Toronto et la vie que j'aurais pu continuer de vivre l'esprit tranquille, là-bas; Je maudissais d'ailleurs très vite cette décision d'être partie. J'aurais du me casser une jambe, perdre mon billet; et c'est d'ailleurs ce qui me fit toucher du doigt que finalement, "la vie est pavée d'occasions perdues"...
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Ryan Haggerty

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Sam 10 Fév - 22:53
Are you kidding me ?
Laura & Ryan
Jamais je n’ai vu ma compagne dans cet état de fébrilité, de détresse. D’un côté, j’ai envie de ne pas jouer le jeu, de tout lui dire, ne pas abimer son petit cœur. D’un autre, je sais que si je joue la mascarade jusqu’au bout, on en rigolera plus tard, quand on repensera à cette scène. Mais si je continue ainsi, il y aura-t-il un « plus tard » ? Aurons-nous un avenir ? Jamais je ne m'étais attaché à une femme de cette manière. Mais Laura n'est pas comme les autres femmes. Elle me complète, me sublime. On est toujours sur la même longueur d'onde, avec la même mentalité infantile qui nous va si bien. Mais cette fois, je suis conscient de repousser sa tolérance dans ses derniers retranchements. Je suis même étonné de ne pas encore avoir senti l’impact de ses cinq petits doigts sur l’une de mes deux joues. Voir les deux si elle a décidé de faire l’aller-retour. Je prends alors ma décision : je continue mon jeu jusqu’à ce que la claque parte. Si celle-ci arrive, c’est que ce n’est plus le moment de jouer, ou tout pourrait finir dans la minute.

Tous les trois ? C’est vrai que j’y ai pensé, ça aurait pu être riche en sensations. Mais bizarrement, j’ai pensé que tu serais moins partante. Là, je suis vraiment borderline. Une petite voix dans ma tête m’intime d’arrêter, que je vais trop loin. Et cette voix a raison. Je le sens. Je m’insulte intérieurement de lui infliger ça. Sur le point de craquer, de tout lui avouer, n’en pouvant plus de la faire souffrir, ma sœur descend jusqu’au milieu des escaliers, toujours avec ma chemise sur le dos. Bon, qu’est-ce que tu fais Ryan ? Je t’attends, je me languis de toi. D’un furtif regard, je comprends qu’elle rentre dans mon jeu, qu’elle sait ce que je suis en train de faire. Telle est ma sœur. Nos parents ont fait les deux mêmes. On pense pareil, on réagit pareil, on vit pareil. Notre humour est similaire, parfois pervers. Elle m’enfonce un peu plus dans mon jeu qui met mon couple de plus en plus en danger. J'essaie de lui lancer un regard lui intimant de faire attention, et d'un autre oeil je guette la réaction de Laura, la peur au ventre.


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Laura Benett

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Mar 13 Fév - 15:24


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Ryanair & Lau'
J'aurais tout fait pour Ryan. Absolument tout. Et vu la vie que l'on menait à Toronto, j'étais persuadée que c'était la même chose...on s'entendait bien, tellement bien, que c'était une évidence. En vérité, jamais je n'avais vécu un truc pareil, avec qui que ce fût. J'étais plus du genre à repartir le lendemain, en temps normal. Alors oui. Être là, avec lui, depuis tout ce temps, j'en étais fière, ça me rendait heureuse. Heureuse, et peut être un peu trop naïve et optimiste, moi et mes idées débiles. Mon dieu. J'étais totalement perdue, j'avais peine à croire ce qui m'arrivait là, tout de suite. Ce qui nous arrivait. Alors c'était tout ? C'était comme ça, que ça devait se terminer ? C'était écrit là, quelque part dans un grand livre sacré, que j'allais arriver sans prévenir, au pire moment ? Bon dieu, si je trouvais l'abruti -ou les abrutis. Ca pouvait être une coalition d'auteurs très douteux, et bourrés, ça va sans dire!- qui avait décidé de pondre de telles absurdités, j'aurais bien eu deux mots à lui dire. A commencer par « ça t'amuse, de détruire les couples qui s'en sortent plutôt pas mal,Du con ?! » Enfin… ça, et aussi « à choisir… t'aurais pas pu faire de moi une millionnaire ? » Mais bon, là, je m'égarais totalement. Mon esprit, tout comme mon regard, fuyait. Je n'osais plus lever les yeux vers Ryan, ayant trop peur de ce que je pourrais bien lire dans les siens. Finalement, l'idée qu'il puisse ne plus m'aimer me semblait de moins en moins abstraite.

Je sentais peu à peu que je craquais. Je ne parvins plus à retenir mes larmes, qui coulaient toutes seules, me faisant enrager encore un peu plus. Je détestais me montrer ainsi. Pas que pleurer soit un signe de faiblesse, je le savais bien. Mais pleurer en public me donnait pourtant cette drôle d'impression. Peut-être pour imposer ma force de caractère. Peut être par pudeur. Tout ce que j'en concluais, là, c'était qu'il fallait à tout prix que je me trouve un psy. Je virais tarée. Enfin… plus tarée qu'en temps normal ! C'était dire !

Et lorsque mon imbécile de Ryan m'a répondu que curieusement, il avait pensé au plan à trois, mais qu'il avait pensé que ça ne m'aurait pas fait plaisir, allant même jusqu'à dire que ça aurait été riche en sensations, j'avoue que je n'ai plus rien contrôlé. Ma main est partie toute seule. Pas comme lorsque je caressais affectueusement sa joue, non. Plutôt comme une grosse claque destinée à lui remettre les idées en place… Puis l'autre blondasse a ouvert la bouche. Sa voix de crécelle me transperça les tympans. Et serrant les mâchoires, j'ai senti, que je commençais à étouffer. Je bouillais intérieurement. Il fallait que je sorte, que je prenne l'air, alors j'ai finalement lancé d'un ton rageur, au bord de l'explosion :

- Vas y, Ryan, la fais pas attendre ! Ça serait bête de rater ça !

Et avant de passer la porte, j'ai adressé un doigt d'honneur vengeur à cette connasse, qui restait nonchalamment là, en haut des escaliers. Bordel, y'avait vraiment des baffes qui se perdaient. Décidée à récupérer mes valises et respirer l'air frais du dehors avant de mourir de stress, je me suis arrêté quelques millièmes de secondes devant la porte, cherchant, fébrile, mes cigarettes que je ne prenais en temps normal qu'en soirée. Putain, mais qu'est ce que j'étais en train d'essayer d'accomplir ?!
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Ryan Haggerty

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Jeu 15 Fév - 22:04
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Laura & Ryan
Finalement, je la prends pleine face. La claque. Je dois dire que je l’ai bien cherché. Surtout, je m’y attendais. C’est peut-être pour cela que je sens à peine l’impact. Outre le fait qu’elle ait des mains minuscules et trop peu de muscles pour avoir assez de force dans le bras, je l’attends depuis le début, et selon moi, cela fait la différence. Mais, tellement absorbé par mon gag qui m’a l’air de plus en plus puéril, je me rends compte que je n’avais pas vu ses larmes sur mon visage. Et ce n’est pas qu’à cause de sa mèche qu’elle a rabattu devant ses yeux, par fierté. J’ai été con, naïf, de croire que ce petit jeu allait bien se finir. Qu’avais-je dans la tête, bon sang ? Suis-je prêt à tout gâcher pour une blague idiote, puérile, immature ? Absolument pas. J’ai enfin trouvé un équilibre dans ma vie, ce n’est pas le moment de tout foutre en l’air.

Je vois mon futur, mon avenir, se diriger vers la porte. Je ne peux m’empêcher de me dire :Mon Dieu, quel beau cul ! La plus belle paire de fesses de la Terre. Mais cette réflexion, je la garde pour moi. Je n’ose plus faire ce genre de blague. Pas dans une situation aussi critique. Dieu sait que je suis un gamin dans ma tête, parfois puérile, souvent insouciant, mais je sais aussi reconnaitre quand une situation est beaucoup trop sérieuse pour pouvoir se permettre la moindre blague. Encore quelque chose, parmi les nombreuses autres, que Lau’ a apporté dans ma vie. Je ne peux la laisser partir comme ça. Je fais signe à ma sœur de rester là et m’élance à la poursuite de la femme que j’aime. Laura ! Arrête-toi ! S’il te plaît. Ne pars pas. Tout ceci est un énorme malentendu . Quel gland ! Je lui sors le gros cliché du film « C’est pas ce que tu crois, blablabla ». Si la tension n’était pas aussi tendue, j’aurai pu me frapper, me molester, me brutaliser, me malmener, me rudoyer, me secouer, me persécuter, me tourmenter, me tracasser, m’amocher, me bastonner, me batailler, me boxer, me castagner, me doguer, m’étriller, me flageller, me fustiger, m’infliger, me ratatiner, me rétamer, me rouer, me talocher, me tanner.

Je m’approche près d’elle, laissant néanmoins une distance de sécurité raisonnable entre nous, en prévision d’un jet de projectile venant de son sac. J’imagine que se prendre une brosse à cheveux ou un miroir dans la tronche, ça pique. Laura. Écoute… Cette femme, ce n’est pas ma maîtresse. Je n’ai pas coucher avec, je ne l’ai pas toucher, et elle porte ma chemise car elle s’est renversée du café sur elle. Cette femme… Je te présente ma sœur, enfin. Chère sœur, voici ma précieuse Laura, comme tu l’as entendu. Excuse-moi ma chérie, c’était une mauvaise blague. Est-ce que tu veux bien me pardonner ? J’ai tellement joué avec le feu que ma plus grande crainte est qu’elle tourne les talons et s’en aille, sans un regard…

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Laura Benett

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Ven 16 Fév - 19:49


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Ryanair & Lau'
J'ai détourné le regard. Surtout, ne pas pleurer. Bien évidemment j'ai raté mon coup. C'étaient bien des larmes qui coulaient sur ma joue. J'avais mal au cœur. Pas comme lorsqu'on est malade en transports en commun, non. Plutôt comme lorsqu'on aime quelqu'un terriblement et qu'on se fait trahir par celui-ci. Vous savez, le fameux "couteau dans le dos"? Moi, je l'avais pris en plein cœur, sans même comprendre que c'était réellement en train de se produire.

Alors j'ai décidé de partir, il ne me restait pas grand chose à faire dans cette maison. Bien évidemment, ce n'était peut être pas la fin de tout, et j'étais de celles qui préféraient parler des choses posément. Assez paradoxal, quand on me savait aussi impulsive. Mais pourtant c'était le cas. Je savais qu'il n'y avait qu'une façon de sortir des embrouilles: en parler. Il n'y avait jamais qu'une seule vérité après tout. Et malgré ce que je venais de voir, j'avais envie de lui laisser sa chance. Je ne pouvais pas vraiment faire autrement de toutes façons... J'en étais incapable. Mais alors que je m'apprêtais à partir, j'ai a nouveau été surprise de sentir sa main sur mon bras, probablement un geste désespéré destiné à ne pas me voir partir. Mais aussi cliché cela pouvait il paraître, je ne voulais pas partir. C'était le prétexte parfait, pour pouvoir le voir, encore un peu. Figée devant lui, les yeux rougis par les larmes qu'ils venaient de faire couler à flots, j'ai attendu. Et il m'expliqua... Ce qui pouvait sembler être l'excuse la plus pétée de l'univers. Vous savez le fameux "c'est ma sœur !" dans les comédies romantiques, tout le monde crie devant sa télé "allezzzz arrête ! Il se fout de toi !" pourtant moi, je l'ai cru. Parce que je le connaissais assez stupide, pour faire ce genre de blague douteuse...

- Attends... Quoi ?!

Et au lieu de m'énerver encore plus, je me suis contentée de soupirer, une fois l'emprise de la stupeur dissipé, ajoutant, après une tape moins violente que la paire de claque, sur l'épaule de mon crétin préféré. Putain, s'il y avait des jeux Olympiques de blagues foireuses, croyez moi, il serait médaillé d'or. Et plus d'une fois !

- T'es vraiment con Ryan.

Et sans rien ajouter de plus, j'ai ouvert la porte et suis sortie . Pas dans la réelle intention de foutre le camp, cette fois-ci. Juste pour récupérer mes valises... Et lui faire peur, aussi, c'est vrai. Mais je voulais voir sa réaction... Et puis qu'il comprenne ce qu'il avait failli perdre ! A mon tour de m'amuser, même si ce serait probablement de courte durée !
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